: LALGÉRIE LEGENDAIRE LE COLONEL C. TRUMELET

    avatar
    Admin
    Admin

    : 327
    :
    :
    :
    : 02/03/2008

    : LALGÉRIE LEGENDAIRE LE COLONEL C. TRUMELET

       Admin 11 2011, 18:42


    I. SIDI ALI-BEN-MAHAMMED ET SIDI BOU-ZID 21plus penser faire ce long voyage A pied. Sidi Bou-Zid priadonc Dieu de lui souffl er quelque bonne inspiration au sujetde cette affaire qui faisait son tourment. Il reut en songeune rponse quil se hta de communiquer, tout triomphant, Sidi Ali. Ctait celle-ci : Puisquil est de toute impos-sibilit au marabout de Saguiet-El-Hamra darriver pour le moment du plerinage aux Villes vnres en faisant laroute pied, quil voyage sur une monture rapide et infati-gable, sur un chameau, par exemple. La solution tait, en effet, trouve ; Sidi Ali ntait pasloign de ladopter, lorsquil se mit rfl chir au dchetquallait subir le chiffre des bonnes actions dont il avaitprojet de grossir son actif. Il avait fait son compte enpartant de Saguiet-El-Hamra ; il avait estim, un nombrerond, bien entendu,  quil lui fallait tant de bonnes ac-tions dconomie pour les ventualits ; sept cents bonnesactions de gain par chaque pas lui faisaient tant au bout duchemin,  et il y a loin, nous le rptons, de louad Dra Mekka, mme en ligne directe.  Ctait donc une belleavance, et cela le mettait tout fait laise pour longtemps,cest--dire que cela le dispensait dy regarder de si prsdans le cas o il prendrait Chithan (Satan) la fantaisie dele tenter ; il pouvait, en un mot, y aller largement. Mais levoyage au moyen dune monture rduisait singulirementle chiffre de ses pieuses allocations, puisque chaque pasne valait plus alors que soixante bonnes actions. Ctait y regarder. Tout en regrettant dtre oblig den passer par l, Sidi Ali fi nit cependant par se rsoudre accepter le mode de locomotion que lui proposait Sidi Bou-Zid, cemarabout stant charg, du reste, de lui fournir le droma-daire qui devait lui prter le secours de son dos pour laller et le retour.

    22 LALGÉRIE LÉGENDAIRELe dpart ayant t fi x au lendemain, on soccupa sansdlai, car il ny avait pas de temps A perdre,  des dtails sipnibles du dmarrage.Le matin, la pointe du jour, aprs avoir reu les souhaitsde Sidi Bou-Zid, et lui avoir promis de repasser, 
    in chaAllah !
     sil plaisait A Dieu,  par Haci-Tiouelfi n son re-tour des Villes saintes, Sidi Ali mit la tte de sa monture dansla direction de lest, et ly poussa par quelques nergiquesappels de langue. Le dromadaire nobit pas franchementaux excitations de Sidi Ali ; il hsita, et ce nest quaprsavoir plong son long cou dans le nord et dans le sud quil sedcida marcher. Quelques minutes aprs, le marabout et labte disparaissaient derrire la Tnet-Et-Tagga.Cette hsitation montre au dpart par son dromadairene laissa pas que dinquiter Sidi Ali : ctait un mauvaisprsage ; un corbeau, qui errait seul sa gauche et commegar dans le ciel, vint encore augmenter ses craintes ausujet de lissue de son voyage; cependant, il ne voulut pasretourner sur ses pas et attendre, pour se remettre en route,des conditions plus favorables. Il eut tort.Il y avait environ trois heures que Sidi Ali tait parti,quand on le rapporta bless la tente de Sidi Bou-Zid : enarrivant sur louad Taouzara, la monture de Sidi Ali staitobstinment refuse traverser ce cours deau. Le mara-bout, qui croyait un caprice de lanimal, voulut insister pour quil passt : rsistance de la part de la bte, persistan-ce de celle du saint, nouveau refus trs accentu du droma-daire avec accompagnement de mouvements dsordonns ;bref, chute de Sidi Ali avec une fracture la jambe.Le saint marabout fut, fort heureusement, rencontrdans ce piteux tat par des Oulad Mohani, qui-il racontasa msaventure; il les pria, aprs stre fait connatre, de le

    I. SIDI ALI-BEN-MAHAMMED ET SIDI BOU-ZID 23transporter la tente de Sidi Bou-Zid, ce quils fi rent avecle plus grand empressement, car ils pensrent quils avaienttout gagner, dans ce monde et dans lautre, rendre ser-vice un homme qui, fort probablement, avait loreille despuissants de la terre et celle du Dieu unique.Sidi Bou-Zid fi t donner Sidi Ali tous les soins que r-clamait son tat ; les plus savants
    athoubba
    (mdecins) destribus environnantes furent appels en consultation auprsdu saint homme. Aprs lui avoir fait tirer la langue plu-sieurs reprises, ils reconnurent la presque unanimit queSidi Ali stait cass la jambe droite ; lun de ces mdecinsprtendit que ctait la jambe gauche qui tait fracture ;mais on ne sarrta pas cette opinion, qui ne paraissaitstablir, du reste, que sur un diagnostic manquant de s-rieux. Pourtant, en prsence de cette divergence de mani-res de voir, le doute entra dans lesprit de Sidi Bou-Zid, et,comme il ne tenait pas se brouiller avec le
    thebib
    dissi-dent, quil regardait dailleurs comme un praticien dunetrs grande habilet, il fi t tous ses efforts pour engager SidiAli se laisser poser des appareils sur les deux jambes. Lesaint homme y consentit, puisque cela paraissait faire plaisir son hte; mais il ne put sempcher de lui faire remarquer quil ne croyait que mdiocrement leffi cacit des attellessur le membre qui ntait pas dtrior.Dieu navait donc pas voulu que Sidi Ali-ben-Ma-hammed fi t son plerinage
    Oumm et Koura
    , la mre descits; peut-tre son accident tait-il une punition du retardquil avait apport dans laccomplissement de ce pieux pro-jet. Mais, comme, en rsum, le saint marabout se piquaitdtre un parfait
    mouslim
    (1)
    , cest--dire rsign la volont
    __________________ 1. Muslam.

      / 19 2017, 00:27