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       Admin 17 2012, 21:11

    La Lgende du Marabout
    La Lgende du Marabout
    La ville de Sidi Bel-Abbs, ne dans un sicle de ralisme, a-t-elle le droit de rclamer pour son berceau une aurole de merveilleux ?
    Pourquoi pas ?
    Si Lamoricire, si Bugeaud, si Prudon furent ses fondateurs suivant la loi des hommes, ne peut-on pas accorder au marabout Sidi Bel-Abbs de l'avoir t suivant la loi de dieu ?
    Il se trouvait l, en effet, avant les Franais, et sa Kouba fut le jalon plant par la destine pour suggrer aux hommes les conceptions stratgiques et conomiques qui font clore les villes.
    Je devais donc consacrer au moins un chapitre de mon livre l'histoire du saint marabout. Mais lorsque j'ai fait appel aux souvenirs pars dans le pays, que a surgi tant de versions de la mmoire populaire, que j'ai d, avec les meilleurs lments de chacune, composer une lgende que j'appellerai -clectique ou moyenne c'est celle que je vais raconter.
    Son grand-pre, Sidi El-Bouzidi, quitta le pays de la mecque pour se rendre en Algrie, il voyage durant de nombreuses annes travers le Hedjaz l'Egypte, la Cyrnaique, la Sidi Bel-Abbs tait un chrif, c'est--dire un descendant du prophte.
    Tripolitaine et la tunisie. Il avait cent ans quand il arriva El-Aflou dans le Sud-Algrien. C'est l qu'il prit femmes et qu'il mourut 114 ans aprs avoir e014 enfants.
    Un des fils de ce voyageur, appel comme lui Sidi-El-Bouzidi, suivit une caravane qui se rendait Fez et parvint se faire admettre dans-une des coles rputes de cette capitale du Maghreb.
    Au bout de quelques annes le jeune tudiant tait devenu l'mule de -ses matres, et Tlemcen l'appelait professer dans sa clbre mdersa, Son -enseignement le fit briller d'un vif clat, On accouru de trs loin pour l'entendre, et on dit mme que, le Sultan du Maroc, trs vers dans l'exgse coranique, ne recula pas devant un dplacement pnible pour se faire, durant quelques jours, son auditeur.
    C'est de ce savant oulma de la mdersa de Tlemcen, que naquit Sidi Bel-Abbs.
    Le fils de Sidi-El-Bouzidi aurait pu lui aussi se livres l'tude des textes sacrs dans l'ombre douce des mosques, Mais Dieu ne le voulut pas, il avait ds sa naissance, marqu son serviteur du sceau du sacrifice et de la peine.
    Comme le jeune chrif venait d'atteindre sa vingt-cinquante anne, il eut un songe ou Allah lui disait : Prends ton bton et va porter ma parole aux tribus errantes de la plaine et de la montagne, Si tu obis mes ordres, et si tu secondes mes desseins, je te donnerai des champs fertiles des femmes fcondes et une nombreuse postrit .
    Et Sidi Bel-Abbs s'tant rveill, se tourna vers l'orient pour rciter sa prire et fit ce que Dieu lui avait ordonn.
    Il amena les hommes simples de la brousse couter ses enseignements et il leur apprit dominer les passions exalter la vertu aimer la justice et pratiquer la charit.
    Personne n'osait plus entreprendre quoi que ce soit sans en rfrer sa sagesse et tout ce qu'il conseillait ne manquait pas de russir.
    Parfois les chefs de tribus venaient lui dire : Pre, pourquoi ne l'tablis-tu pas parmi nous, nos- biens seraient les biens et nous le donnerions en mariage les plus gracieuses de nos filles ?
    Dieu pensait autrement : marche, mon serviteur, lui disait-il, dans les songes, marche l'heure du repos n'a pas encore sonn .
    Et la paix, la concorde et la prosprit rgnaient sur les territoires visits par le marabout. C'est alors qu'intervint le dmon, il commenait trembler pour sa puissance, il rveilla les basses passions et les mauvais instincts. A son instigation un faux prophte apparut qui disait : le mendiant Bel-Abbs indispos Allah par son orgueil. Si vous ne le chassez coup de pierres, il fixera la maldiction divine sur vos ttes et sur celle enfants .
    Les hommes simples qui avait cru en de Dieu crurent aussi en l'envoy du dmon. Ils cherchrent le chrif pour le faire punir Allah qui veillait sur son serviteur, le fit conduit les anges dans la fort de Messer ou il vcut des annes de plantes sauvages et de racines.
    Et partout ou Sidi Bel-Abbs avait vertu, le dmon ramenait le vice et le jouit haine et la jalousie corrompaient les curs guerre fut 1 tat permanent des tribus.
    Et comme le bonheur est incompatible vice, le pays vit bientt s'abattre sur lui grandes calamits. Il y eut des famines pidmies, ou la mort fauche dans les comme dans un champ de moissons.
    Un vieillard sur le point d'expirer eut du pch qui pesait sur les peuples et il penss enfants et ses petits-enfants :
    En chassant le marabout Sidi Bel-Abbs avons chass Dieu. Si vous ne pouvez pas vous pardonner de lui, vous prirez tous jusqu'au Htez-vous de rpandre ces paroles dans les esprits de vous humilier devant le saint homme.
    Les conseils du vieillard furent cout mit battre la brousse et la fort pour retrouver marabout.
    Il avait t convenu que la tribu qui premire ses efforts couronns de conserverait chez elle l'lu d'Allah et qu'ils construirait une zaouia digne de ses mrites advint que les Amarnas et les Sidi Brahim dcouvrirent la fort la retraite de Sidi Bel-Abbs.
    Une grave dispute s'ensuivit qui dgnra en comblet arm.
    La victoire chut aux Ouled-Brahim, Dans leur fol orgueil, ils se crurent matres du marabout, ils l'invitrent quitter la fort pour venir rsider sur les terres. Mais celui-ci rpondit, en levant les yeux et la main droite vers le ciel : Dieu m'a retir de parmi vous parce que vous l'avez gravement offens en doutant de la parole de son envoy. Dieu est le seul grand et Mohamed est son prophte. Je ne bougerai pas d'ici sans leur ordre. Priez et repentez-vous, car la misricorde du tout-puissant est immense .
    En vain le caid se porte-t-il garant des bonnes intentions de la tribu : en vain, les talebs mlent le coran leurs supplication ; en vain les anciens se rclament de leurs cheveux blancs, Sidi Bel abbs, dans sa rsistance est inbranlable comme un roc.
    Les Arabes dsesprs, s'agitent et dans un moment de dmence, ils portent la main sur le rempli soudain de l'esprit de Dieu, se change en colombe et disparat.
    Les Ouled Brahim voyant le miracle qui s'est accompli, tombent le visage contre bire et implorent Allah.
    La colombe vola jusqu' une colline dite Sidi-Amar, qui dominait les marais de la Meherra. Aprs tre reste longtemps perche sur un arbre. La colombe (EI-Hamama) :
    Elle descendit doucement terre et reprit sa forme premire.
    Un berger du nom de Bensalah, de la tribu des Amarnas, fut tmoin de cette mtamorphose et poussa un cri d'admiration.
    Sidi Bel-Abbs lui dit, : Malheur toi si tu rvles ce qui vient de se produire, car les hommes ne doivent pas savoir ce que je suis devenu .
    Mais le pasteur ne sut pas conserver un aussi grand secret. Il en fit part Sidi-Djelloul-Ould-Maleh, compagnon d'asctisme de Sidi Bel-Abbs qui se dirigea, en toute hte, vers la colline de Sidi-Amar. A la force de supplications, il obtint du marabout qu'il pardonnt ses perscuteurs et qu'il ne prit plus la forme d'une colombe pour se soustraire leur vnration.
    Alors les Ouled-Brahim et les Amarnas gravirent leur tour la colline, et s'tant humilis-devant Sidi Bel-Abbs, il lui donnrent des champs fertiles, des Khamms pour les cultiver, et des pouses trs belles dont il eut une grande postrit. Et ce fut ainsi que s'accoupler la promesse qu'Allah avait faite son serviteur.
    Aprs une longue vie de saintet, et vers l'anne 1780 de notre re, le patriarche sentant sa fin venir, demanda contempler une dernire fois les marais remplis de roseaux qui s'tendaient devant sa vue. On rapporte qu'il eut, ce moment, une vision cleste qui le transfigura. Aurait-il entrevu la grande ville qui allait clore et prospre sous son nom ?
    L'homme de Dieu tant mort, on lui fit de pieuses funrailles. Ses restes furent placs dans une kouba (1) que l'on construisit sur la colline ou s'tait arrte la colombe miraculeuse.
    Un' silence religieux rgna autour du sanctuaire vnr des tribus, jusqu'au jour ou le clairon de l'anne franaise, dchirant l'air de ses notes aigres et cuivreuse, annona la brousse les temps nouveaux.
    De la kouba du marabout, allait natre la ville de Sidi Bel-Abbs.
    SIGNE HABRI ABDELKADER ALIAS USMO
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